Non, le football n’a pas besoin de la vidéo !

Chaque année après des décisions arbitrales litigieuses, le même débat s’installe. Le football doit-il mettre en place l’arbitrage vidéo ? Deux partis s’opposent, deux conceptions du football se contredisent…

Il y a des matchs qui font ressortir des rancœurs personnelles, des émotions incontrôlées. Le choc de dimanche dernier entre l’Olympique Lyonnais et l’Olympique de Marseille n’a pas contredit la règle. Cette fois-ci, un homme, un seul, allait cristalliser toutes les tensions. Cet homme, c’est Antony Gautier, l’un des arbitres les plus expérimentés en Ligue 1. Un hors-jeu imaginaire, un carton rouge oublié ou encore une faute de main inexistante à l’origine de l’égalisation de l’OL. Les raisons de la colère sont nombreuses côté marseillais. Il n’y a aucun doute là dessus, l’arbitre est passé totalement à côté de son match. Il n’en fallait pas plus pour réveiller les défenseurs de l’arbitrage vidéo, déjà gargarisés début janvier par l’annonce de l’International Board, recommandant l’utilisation de la vidéo dans l’arbitrage.

La vérité à tout prix, voilà l’objectif. Mais quelle vérité au juste ? Le problème est là, dans le football, la vérité n’existe pas, et heureusement. Elle est soumise à des multitudes de facteurs, qu’ils soient liés au terrain, aux conditions de jeu, aux acteurs. Le football serait d’un ennui sans fin sans cette part d’incertitude, de magie même. Tout le monde aujourd’hui se souvient de Maradona et de sa main, de l’agression non-sanctionnée de Schumacher sur Battiston, ou encore de la main de Henry face à l’Irlande. Toutes ces actions sont et font le football, elles sont rentrées dans la légende. Que ces éléments qui font la sensibilité et le romantisme d’une discipline soient balayés d’un revers de main passe encore, mais comment les défenseurs de l’arbitrage vidéo peuvent-ils prétendre que la technologie résoudrait tous les problèmes ?

Mais surtout, comment est-il possible d’atteindre cette vérité tant désirée, quand dans une grande partie des cas, certains estimeront qu’il y a faute tandis que les autres ne verront aucune action illicite. La base du problème est là. Non, la vérité n’existe pas, seules les interprétations sont réelles. Personne ne pourra prouver qu’une caméra livrera LA vérité dans le cas d’un hors-jeu litigieux ou d’un contact dans la surface de réparation. Malheureusement, il est devenu démodé d’être contre la vidéo, de vouloir conserver ce brin d’authenticité qui demeure encore dans le football. Dans sa générosité débordante, la FFF s’est portée candidate auprès du Board pour des essais. Il est vrai que le gros problème du football français ne réside pas dans sa formation ou dans ses résultats dans les compétitions européennes. La France n’a pas remporté le moindre trophée européen depuis 1993, notre championnat est aujourd’hui l’un des plus mauvais au niveau européen. Mais qu’à cela ne tienne, plutôt que d’aider le monde amateur, de réformer notre football, d’apporter de réelles compétences à notre formation, nos instances innovent et se tournent aujourd’hui vers les avancées technologiques.

Alors oui, nos arbitres doivent être aidés. La goal-line technology va dans le bon sens, un élargissement à l’intégralité de la ligne de but pourrait également être une réelle avancée. D’autres moyens existent pour aider les hommes en noir. L’interdiction aux joueurs, sauf aux deux capitaines, de parler avec l’arbitre devrait être étudiée. Mais surtout, les instances doivent pouvoir former efficacement nos arbitres. Il ne faut pas se cacher, le niveau de l’arbitrage en France est très bas. Comme la formation, ce domaine pourtant si précieux semble avoir été oublié, comme envoyé aux oubliettes. Comment peut-on admettre qu’un seul arbitre central français n’officie lors de l’Euro 2016 en France ? Comment peut-on accepter que des arbitres qui accumulent les mauvais matchs continuent d’arpenter les pelouses de Ligue 1 tous les week-end ? Ce triste constat est un véritable camouflet pour la DTA. Pourtant, rien n’a changé. Chaque week-end en Ligue 1 est un éternel recommencement. Un rythme haché par des coups de sifflet trop fréquents, des mauvaises interprétations qui influencent le résultat. Mais la technologie ne changera rien, bien au contraire. Seuls le travail et le talent pourront permettre au football français de retrouver un arbitrage cohérent et de qualité. Depuis des années maintenant, la vidéo fait débat. Et ce n’est pas près de s’arrêter…

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