Stéphane PORATO : « En Espagne, le championnat est beaucoup plus technique… »

Avec près de vingt ans au haut niveau, Stéphane Porato aura marqué de son empreinte le paysage des gardiens de but français. Formé au Racing 92, le natif de Colombes passé par le Sporting Toulon, l’AS Monaco ou encore l’OM, a terminé sa carrière en Espagne en 2009. Toujours resté très proche du Rocher, celui que l’on pensait trop petit pour devenir professionnel, n’a pas hésité à retourner à l’ASM pour y découvrir le métier d’entraîneur. Après avoir été sur un banc en PHA et en U15, l’ancien international français (1 sélection) continue de rêver de coaching…

 

Stéphane Porato, vous étiez dimanche soir au Vélodrome. Qu’avez-vous pensé de ce Classico ?

C’était un bon match avec un PSG très entreprenant lors des dix – quinze premières minutes. Derrière, j’ai vu de bons Marseillais, agressifs sur le porteur du ballon et que l’on n’avait plus l’habitude de voir au Vélodrome. Le pressing leur a permis de récupérer pas mal de ballons au milieu de terrain. Même si ça manquait un petit peu de poids offensif, je pense qu’avec les situations qu’ils ont eu, ils auraient pu accrocher au moins le nul.

Quel regard avez-vous sur la saison de l’OM ?

Le club a eu un début de saison très compliqué avec le départ de Bielsa, l’arrivée d’un nouvel entraîneur et de pas mal de joueurs. Ça n’a pas été simple. Là, dans cette deuxième partie de championnat, on a l’impression qu’ils arrivent à retrouver quelques bases. Je pense qu’ils vont beaucoup mieux terminer que ce qu’ils ont commencé.

Vous êtes également resté très proche de l’AS Monaco. Vous devez être heureux de retrouver l’ASM dans le haut de tableau de Ligue 1, après des dernières années très compliquées et une descente en L2…

C’est clair que ça fait plaisir de voir l’AS Monaco à cette position. Derrière le PSG, plusieurs clubs se battent pour accrocher quelque chose. Un peu à la surprise de beaucoup de monde, l’ASM s’est retrouvé à cette deuxième place sans trop forcer. Aujourd’hui, l’équipe s’accroche et a retrouvé la solidité défensive qui était sa force la saison dernière.

Vous avez joué au haut niveau pendant près de 20 ans. Quel est votre meilleur souvenir ?

C’est très difficile d’en choisir un seul quand on a fait 18 ans de carrière. Je pense à mon match en Equipe de France, à mon premier match en professionnel au Sporting Toulon, au titre avec Monaco en 1997 ou encore à l’année 1999 avec l’OM. Je me souviens aussi du dernier match de ma première saison à Ajaccio, où l’on se sauve alors que l’on avait un pied en D2 à la trêve. Ce sont tous ces moments qui resteront gravés et que je suis très content d’avoir vécu.

Vous avez connu le championnat espagnol à la fin de votre carrière. Que pensez-vous de notre football français ?

Je pense que le championnat français est assez complet. En Espagne, il est beaucoup plus technique, mais mis à part deux ou trois équipes, je trouve que les Français sont plus au point tactiquement. La grosse différence se fait sur le plan technique et sur la vitesse d’exécution. Quand on voit le Barça, le Real Madrid ou encore l’Atletico, ça va beaucoup plus vite dans les transmissions, vers l’avant.

Justement, au delà des qualités techniques, nos équipes sont-elles plus frileuses ?

Je ne sais pas si on est plus frileux. Les équipes françaises sont souvent très bien en place mais il leur manque ce petit grain de folie pour emballer un match, pour aller vers l’avant. Je pense que l’on a un championnat qui regroupe assez bien ceux qui nous entourent. On est un condensé de tous ces pays. Sans exceller dans un domaine, on a un niveau moyen élevé dans tous les secteurs. C’est pour cela que nos joueurs plaisent beaucoup à l’étranger.

Vous avez déjà goûté au coaching avec l’AS Monaco en PHA et en U15 DH. C’est quelque chose qui vous donne envie ?

Ça reste l’un de mes objectifs, que ce soit par la case entraîneur des gardiens ou pas. Ça me plait. J’aime parler, être au contact des joueurs, dénouer des situations compliquées. J’aime être quotidiennement avec un groupe.

Justement, dans cette optique, votre passage en Espagne pourrait vous aider ?

Dans le football, il faut se servir de toutes nos expériences. Quand on est allé à l’étranger, il faut s’appuyer sur les bonnes choses que l’on a appris là-bas. Moi, ça a été en Espagne, mais ça aurait pu être dans un autre championnat. Mais c’est évident que cette culture footballistique différente va beaucoup m’apporter.

Un mot également sur le Beach Soccer, que vous avez beaucoup pratiqué ces dernières années…

En France, on a du mal à avoir cette culture Beach Soccer. Pour moi, c’est plus un hobby qu’une vraie passion mais c’est vrai que j’aime bien ce sport. On se retrouve souvent entre anciens, j’apprécie cette ambiance festive et familiale. C’est un moment de partage, où on ne se prend pas la tête. Et puis il y a le soleil, c’est ludique.

Vous avez connu le Sporting Toulon pour vos débuts en professionnel. Aujourd’hui en CFA2, le club peine à retrouver le haut niveau. Que pensez-vous du projet de fusion avec le Las ?

Ça fait longtemps que l’on en parle. C’est clair que ce serait bien pour la ville que le club retrouve enfin le monde professionnel. J’ai connu le Sporting en D1 et on avait vécu des moments exceptionnels. Les Toulonnais méritent un club au haut niveau. J’espère que ce projet de fusion verra le jour et que tout le monde tirera dans le même sens pour créer quelque chose qui soit sympa pour Toulon.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

Crédit Photo : Eurosport

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