Bernard BLAQUART (Nîmes Olympique) : « Ce serait terrible de ne pas aller au bout… »

Lorsqu’il est arrivé au Nîmes Olympique pour diriger le centre de formation en 2013, rien ne pouvait laisser présager que deux ans plus tard, il serait devenu un véritable héros sur les bords de Camargue. Mais c’était sans compter sur la folie d’un club passé par toutes les émotions et proche de signer un exploit historique. Formateur dans l’âme, Bernard Blaquart est aujourd’hui l’entraîneur d’une équipe à qui tout réussit. Focus sur un personnage discret, désormais aimé et adulé de tout un peuple…

 

« Suite à la démission samedi dernier de José Pasqualetti, c’est Bernard Blaquart qui assurera l’intérim sur le banc du Nîmes Olympique. » C’est par ce bref communiqué publié le 23 novembre sur le site officiel du club, que l’histoire a réellement commencé. A ce moment là, le Nîmes Olympique est englué dans les profondeurs du classement de Ligue 2. Miné par une pénalité de huit points en début de saison, le club nîmois fonce alors vers une nouvelle descente en National. Mais comme un signe du destin, Bernard Blaquart va remporter son premier match sur le banc nîmois. Un succès deux à un face au Tours FC, l’ancien club du technicien gardois. « Je vais peut-être surprendre mais c’est mon meilleur souvenir. A l’époque, on ne parlait pas de maintien, on restait sur plus de neuf mois à domicile sans gagner. Ce jour là, le stade nous avait encouragé jusqu’au bout malgré nos difficultés et on s’était imposé à la dernière minute. » C’est effectivement un but de Tchenkoua à la 92ème qui allait raviver les espoirs des Crocos. Pourtant, les semaines suivantes allaient être très compliquées avec trois revers et un match nul lors des quatre dernières rencontres de 2015. « Il y a eu une prise de conscience à Noël. La mission était alors quasiment impossible alors perdu pour perdu, il fallait se lâcher. Les joueurs ont beaucoup travaillé pour y arriver. Avec le travail et un peu d’insouciance, ça a marché. » 

C’est ainsi qu’a basculé la saison nîmoise. En janvier, les Crocos allaient remporter leurs quatre matchs de championnat, s’offrant même le luxe d’inscrire quatorze buts lors de cette période. Une performance offensive loin d’être un hasard comme l’explique Bernard Blaquart. « En tant que spectateur, je préfère voir des matchs avec des buts. Après, tout dépend de l’effectif que vous avez. A Nîmes, nous avons un jeu porté vers l’avant car nous n’avons pas les qualités pour subir. J’ai une équipe offensive, qui aime aller vers le but adverse. C’est mieux pour le spectacle, je préfère gagner 5-4 que 1-0. Je suis beaucoup plus à l’aise avec un jeu offensif que défensif. » 

Mais alors, comment expliquer une telle réussite à la tête de ce collectif nîmois ? Avec 27 points pris sur 45 possibles, l’ancien directeur du centre de formation a métamorphosé son équipe. Pourtant, son arrivée n’a pas été vécu comme une récompense personnelle. « Je revendique mon statut de formateur, je me suis retrouvé là car l’équipe n’avait plus de coach. Le président m’a placé là en intérim, je n’étais pas forcément enthousiaste mais j’ai accepté car il fallait trouver une solution rapide pour le club. Pour le moment, ça se passe bien donc c’est tant mieux. » explique Bernard Blaquart. Et lorsqu’on l’interroge sur les propos de Ghislain Printant, « son ami », qui n’a jamais oublié l’importance de la formation dans son parcours, sa réponse fuse. « Peut-être encore plus pour moi que pour lui puisque ça fait des années que je suis dans la formation, j’ai vraiment ça en moi. On trouve de plus en plus d’entraîneurs qui sont passés par ce domaine. C’est peut-être le signe qu’un joueur continue de se former pendant toute sa carrière. Après, c’est clair que les formateurs ont l’expérience du haut-niveau en moins, mais qu’ils ont quelque chose en plus dans la manière d’aborder certains joueurs. » A l’instar d’un Claude Puel qui n’a jamais caché son attachement pour la formation, le frère de François Blaquart, le DTN, reste fidèle à ce passé. « Toutes les expériences servent, j’ai travaillé dans le monde amateur, dans le monde professionnel et dans la formation. Même si j’ai quelques anciens dans l’équipe, on a également pas mal de garçons qui ont entre 20 et 24 ans. Mon passé me sert forcément, comme c’est le cas dans tous les métiers. »

Quatorzièmes après leur succès un à zéro chez le leader dijonnais, Toifilou Maoulida et ses coéquipiers devront prendre quelques points pour assurer un maintien impossible à imaginer il y a encore quelques semaines. Et même s’il devra faire avec beaucoup d’absents vendredi face à Créteil, le technicien nîmois reste confiant. « Nous avons beaucoup de blessés en ce moment, le match de vendredi sera compliqué, c’est un rendez-vous que l’on n’abordera pas avec toutes nos forces. Mais j’ai confiance, les joueurs qui remplaçeront les habituels titulaires vont fait le boulot. Ce qui est sûr, c’est que l’on va avoir besoin de notre public. » Justement, ce public a retrouvé en quelques semaines une ferveur qu’il recherchait depuis des années. Régulièrement en 2016, ce sont près de 10 000 supporters qui viennent garnir les travées des Costières. Une ferveur loin d’être étonnante pour Bernard Blaquart. « Je ne suis qu’à moitié surpris. J’ai affronté Nîmes en tant que joueur, j’ai supporté le club il y a 25 ou 30 ans quand c’était encore à Jean-Bouin. Je connaissais la ferveur et l’amour de ce peuple, après, c’est clair que c’est allé très vite. Je pense que c’était un public frustré, qui avait besoin qu’on le réveille. Au moindre signal positif, les supporters répondent présents. »

A huit matchs de la fin de saison, le Nîmes Olympique compte quatre points d’avance sur le premier relégable, Sochaux. Une situation confortable mais pas encore décisive, qui incite l’entraîneur nîmois à la prudence. Un technicien comblé qui n’imagine pas une seule seconde avoir accompli tout ce travail pour rien. « Je suis très heureux mais je le serai complètement lorsque l’on sera sauvé. Ce serait terrible de ne pas aller au bout. » Jusqu’à la fin de saison, les Crocos seront soutenus par un peuple tout entier, dont l’amour inébranlable dépasse même les murs de la Ligue 2. Nicolas Benezet, aujourd’hui dans l’élite à Guingamp, en est le parfait exemple. « Beaucoup d’anciens suivent nos résultats. Nicolas a été formé à Nîmes, il gardera toujours cette période dans son cœur. Quand on perce en professionnel et que l’on fait une carrière, on n’oublie pas où l’on a été formé. Surtout que Nîmes est un club qui a une histoire et qui marque. J’espère qu’il va continuer à faire parler de lui positivement. » Avant de retrouver un statut plus conforme à son histoire, le Nîmes Olympique devra sauver définitivement sa place en Ligue 2. Après la pluie, vient le beau temps…

Bérenger Tournier

Crédit Photo : Beinsports

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