Vincent DULUC : « J’ai été ému et touché par la causerie de Dupraz… »

Il y a des destins qui semblent logiques, des trajectoires que l’on imagine déjà toutes tracées. Très tôt, Vincent Duluc s’est tourné vers le journalisme, vers un monde qui allait rapidement devenir une passion. Du Progrès à l’Equipe en passant par la radio et la télévision, le natif de Vichy a toujours revendiqué son amour pour la profession. Un amour qui l’a conduit à écrire de nombreux ouvrages dont le dernier Un printemps 76, a été récompensé par le Prix Antoine Blondin. Actuellement à Biarritz où il suit les Bleus pendant leur préparation à l’Euro, Vincent Duluc a accepté de se livrer. Entretien…

 

Vincent Duluc, vous suivez les Bleus depuis plusieurs jours. Les sentez-vous capables de remporter l’Euro ?

C’est difficile à dire. Tout ne va pas dépendre d’eux, il faut voir aussi le niveau des autres équipes. L’Allemagne a fait des éliminatoires mitigées, on ne sait pas si elle va retrouver son niveau de 2014. De son côté, l’Espagne peut être dangereuse. L’Italie également, mais je pense qu’elle a un peu trop de soucis actuellement. Après, c’est une nation qui est souvent performante quand elle est en difficulté, donc il faudra se méfier. Il y a également les Belges, mais ils seront tellement attendus qu’ils auront peut-être trop de pression. Et puis l’absence de Kompany pourrait vraiment les gêner. L’Angleterre est sur une belle dynamique, il est possible qu’elle fasse quelque chose pendant cet Euro. Ensuite, on peut imaginer qu’il y ait une ou deux équipes surprises comme l’Autriche ou la Croatie. En tout cas, la France fera partie des quatre ou cinq favoris. Quand on est là, c’est que l’on peut gagner. On pourra en plus compter sur un très bon milieu de terrain. Après, pour remporter une telle compétition, il faut avoir une grande défense. Je ne suis pas certain que ce soit le cas cette année.

Depuis la liste des 23 de Didier Deschamps, on parle beaucoup de notion de groupe dans la construction d’une sélection. Qu’en pensez-vous ?

Je ne sais pas, c’est une expression un peu fourre-tout. Ce qui est vrai, c’est qu’on ne fait pas une liste avec les 23 meilleurs joueurs, ça ne marche jamais. Il faut que les titulaires assument leur rôle, que les cinq ou six remplaçants mettent la pression sur les titulaires pour qu’ils soient performants, et que les autres acceptent ce statut tout en participant à la dynamique du groupe.

Vous avez débuté dans la presse écrite en 1979 au Progrès avant de rentrer à l’Equipe en 1995. Parallèlement, vous intervenez régulièrement à la télévision et à la radio. Est-ce le même métier ?

En fait, je ne suis pas vraiment journaliste de radio et de télévision mais je suis consultant. Dans la presse écrite je travaille mes sujets en profondeur, alors qu’à la radio et à la télévision, j’arrive un peu les mains dans les poches. Je sais à peu près de quoi on va parler, je n’ai pas besoin de préparation. Ce que j’aime, c’est parler à la radio comme je pourrais parler avec des copains autour d’une table. Je n’ai pas l’impression que ce soit un véritable métier, c’est tout simplement un autre média qui me permet de prolonger mon plaisir.

Avez-vous le sentiment de pouvoir aller plus loin dans vos prises de position ces dernières années ?

Oui, je pense. Avec toute la concurrence qu’il y a aujourd’hui, il faut faire entendre sa voix. Avant, on était dans une situation monopolistique, on faisait attention à tout ce que l’on pouvait dire.

Justement, que pensez-vous de cette course à l’information et au buzz ?

Il faut faire la différence avec la course au buzz et à l’information, ce n’est pas du tout la même chose. Quand tu es à l’Equipe par exemple, tu dois vérifier ton information avant de la sortir. Le problème de la course au buzz, c’est quand 95% des médias internet vont récupérer le contenu des médias payants sans jamais vérifier les informations ni même les prolonger. Nous aussi on peut faire le buzz, mais il viendra d’une information que l’on aura vérifiée et analysée avant de la publier.

C’est une situation frustrante ?

Pas du tout, c’est comme cela que ça fonctionne. Et puis on ne peut pas être frustré d’avoir une façon de travailler qui colle à ce que l’on pense et à l’image de son journal.

En parlant de buzz, la causerie de Pascal Dupraz en a été un en début de semaine. Que pensez-vous de cet instant capturé par les images de Canal + ?

On sait tous que dans cette situation, c’est un petit peu un travail d’entraîneur mais surtout de management. J’ai été ému et touché par sa causerie mais je lui souhaite maintenant qu’on l’oublie et qu’on lui foute la paix avec ça. J’ai vu sur Twitter qu’on avait fait le parallèle entre sa causerie et celle d’Al Pacino dans l’Enfer du Dimanche. C’est quelque chose qui va rester mais j’espère que Dupraz ne sera pas résumé qu’à cette causerie. En ouvrant son vestiaire aux caméras, il s’est mis en danger. Ça le valorise mais maintenant, je lui souhaite de redevenir un entraîneur normal.

Ne risque-t-il pas d’être assimilé à un simple meneur d’hommes et que l’on relègue son statut de tacticien au second plan ?

Oui, mais bon, pour prendre dix-huit points en dix journées avec le TFC, il ne suffit pas d’être un meneur d’hommes mais il faut avoir une vraie réflexion sur son équipe et ses adversaires.

La finale de la Coupe de France approche à grands pas. Sentez-vous l’OM capable de créer la surprise face au PSG ?

C’est clair que s’il y a une surprise, elle viendra forcément de l’OM. Je doute un peu que l’OM en soit capable. En même temps, c’est une possibilité inespérée pour les joueurs de sauver leur saison et d’arrêter de passer pour des imbéciles. Cela peut être un vrai moteur pour eux mais les Parisiens n’ont pas l’habitude de perdre ces matchs là. Après, ils vont bien finir par arrêter d’être avantagés par les décisions arbitrales comme c’est le cas depuis trois ans. Et je parle bien des coupes nationales et pas du championnat. Mais bon, même si c’est le cas, ça ne suffira certainement pas. Le PSG est vraiment au dessus. Ce sera en plus le dernier match de Zlatan, il va forcément vouloir personnaliser un peu la finale vu que l’on sait que c’est quelqu’un de très partageur. S’il veut faire des adieux à la hauteur de son talent, ça peut faire mal à l’OM.

Vous avez dit qu’une victoire pourrait sauver la saison marseillaise. En êtes-vous certain ?

Remporter la Coupe de France contre Guingamp ne suffira peut-être pas, mais contre le PSG, je pense que oui. Je parle pour les joueurs en tout cas.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

Crédit Photo : liveteam-asm.com

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Une réflexion sur “Vincent DULUC : « J’ai été ému et touché par la causerie de Dupraz… »

  1. Comment ose ce « journaliste » affirmer que le psg soit avantagé par l’arbitrage ? C’est non seulement complètement faux (et ne tentez même pas de prétendre le contraire) mais en plus hautement irresponsable, sans parler de la déontologie qui est juste une vaste blague chez cette groupie de M. Aulas (lequel l’avait pourtant directement attaqué, un brin S/M donc ?).

    Incroyable…

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